Déc. 07
13
Morbihan, extraction de sable PER Lorient, "Bonne nuit les petits"
par Bruno Corpet
Le 10 décembre 2007, le préfet Laurent Cayrel a réuni le comité de suivi du PER (Permis de Recherche) de sables (granulats) marins entre Groix et Quiberon. La lecture des articles de la presse locale et quelques commentaires de représentants du Peuple des dunes présents, me rappellent étrangement une émission de télévision de notre enfance "Bonne nuit les petits". J'ai retrouvé sur un site internet le contenu de cette émission, le rapprochement est saisissant :
"Les enfants ont été fascinés par "Bonne nuit les petits", sans doute parce qu'un jeune enfant ne fait pas bien la différence entre la fiction et la réalité. (...) Nounours possède tous les traits de caractères et toutes les qualités des grands parents : il sait jouer avec les enfants, il aime se déguiser, raconter de belles histoires. Il fait semblant d'être naïf (...) Mais il sait aussi leur faire entendre raison quand il s'agit d'aller se coucher et de se laver les dents. Nounours écoute aussi leurs confidences - comme celui que chaque enfant sert dans ses bras avant de s'endormir, il partage leurs secrets et console leurs chagrins. Parfois, Nounours se prend tellement au jeu des enfants que le temps passe plus vite qu'il ne le croit; la voix du Marchand de sable l'appelle : "Allons Nounours, il faut être raisonnable, nous avons encore tellement de route à faire". Nounours quitte à regret ses amis pour obéir à son "Patron". Le sable doré tombe en pluie sur le lit des enfants, étincelant et merveilleux au son d'une harpe dont on fait résonner toutes les cordes..."
Je vous laisse la responsabilité de choisir qui dans cette réunion du PER joue le rôle de Nounours, mais le déroulement de cette réunion confirme la volonté de l'Etat d'offrir ce gisement aux grands groupes cimentiers en jouant sur le temps pour endormir la vigilance et la combativité de la population et des associations.
Les multinationales cimentières dont le coeur du métier est une des activités les plus polluante du monde industriel, utilisent avec constance une part négligeable de leurs profits pour se façonner une image de champions du Développement Durable et de financeurs incontournables d'actions "environnementales" à tout niveau, de l'Etat aux associations. Rappelons les partenariats entre Lafarge et l'association de Nicolas Hulot ou le WWF. Récemment un article du Télégramme relatait le soutien de Lafarge au "Conservatoire botanique national de Brest". Chaque fois ce "soutien" donne lieu à une communication associant le nom du cimentier à une action présentée comme exemplaire et pédagogique
"Les Ciments et les Granulats de l’Ouest, sociétés présentes depuis plusieurs années dans le département, vont soutenir les objectifs du conservatoire dans le domaine de la préservation du patrimoine naturel de la flore (...) le Conservatoire botanique national de Brest est le premier établissement au monde à s’être spécialisé dans la préservation des plantes menacées de disparition. Une activité qui nécessite des moyens financiers auxquels Lafarge apporte ainsi sa contribution."
(Source Le Télégramme du 17/11/2007)
Pour André Berthou, pilote du Peuple des Dunes, cette réunion n'apporte rien car «ça ne fait aucun doute, le principe de précaution doit s’appliquer, c’est pourquoi, peu importe le résultat des études, il faut s’attendre à de plus en plus de manifestations de la population». Pour une autre membre du Peuple des Dunes les représentants des élus locaux et des associations étaient "cocus mais pas contents. Déception, agacement, amertume se lisaient sur les visages dès le premier 1/4 d'heure, le discours du préfet ne laissant aucun doute sur la décision finale." d'autant que les interventions des "experts" sont toujours aussi pertinentes "pas plus de de 30 Heures par an de grande houle dans la zone PER Lorient Sud. Ca valait le coup de se taper 3 heures de réunion comité de suivi pour entendre ça"
BC
Les articles de presse sur cette réunion du comité de suivi du PER
"Les enfants ont été fascinés par "Bonne nuit les petits", sans doute parce qu'un jeune enfant ne fait pas bien la différence entre la fiction et la réalité. (...) Nounours possède tous les traits de caractères et toutes les qualités des grands parents : il sait jouer avec les enfants, il aime se déguiser, raconter de belles histoires. Il fait semblant d'être naïf (...) Mais il sait aussi leur faire entendre raison quand il s'agit d'aller se coucher et de se laver les dents. Nounours écoute aussi leurs confidences - comme celui que chaque enfant sert dans ses bras avant de s'endormir, il partage leurs secrets et console leurs chagrins. Parfois, Nounours se prend tellement au jeu des enfants que le temps passe plus vite qu'il ne le croit; la voix du Marchand de sable l'appelle : "Allons Nounours, il faut être raisonnable, nous avons encore tellement de route à faire". Nounours quitte à regret ses amis pour obéir à son "Patron". Le sable doré tombe en pluie sur le lit des enfants, étincelant et merveilleux au son d'une harpe dont on fait résonner toutes les cordes..."
Je vous laisse la responsabilité de choisir qui dans cette réunion du PER joue le rôle de Nounours, mais le déroulement de cette réunion confirme la volonté de l'Etat d'offrir ce gisement aux grands groupes cimentiers en jouant sur le temps pour endormir la vigilance et la combativité de la population et des associations.
Les multinationales cimentières dont le coeur du métier est une des activités les plus polluante du monde industriel, utilisent avec constance une part négligeable de leurs profits pour se façonner une image de champions du Développement Durable et de financeurs incontournables d'actions "environnementales" à tout niveau, de l'Etat aux associations. Rappelons les partenariats entre Lafarge et l'association de Nicolas Hulot ou le WWF. Récemment un article du Télégramme relatait le soutien de Lafarge au "Conservatoire botanique national de Brest". Chaque fois ce "soutien" donne lieu à une communication associant le nom du cimentier à une action présentée comme exemplaire et pédagogique
"Les Ciments et les Granulats de l’Ouest, sociétés présentes depuis plusieurs années dans le département, vont soutenir les objectifs du conservatoire dans le domaine de la préservation du patrimoine naturel de la flore (...) le Conservatoire botanique national de Brest est le premier établissement au monde à s’être spécialisé dans la préservation des plantes menacées de disparition. Une activité qui nécessite des moyens financiers auxquels Lafarge apporte ainsi sa contribution."
(Source Le Télégramme du 17/11/2007)
Pour André Berthou, pilote du Peuple des Dunes, cette réunion n'apporte rien car «ça ne fait aucun doute, le principe de précaution doit s’appliquer, c’est pourquoi, peu importe le résultat des études, il faut s’attendre à de plus en plus de manifestations de la population». Pour une autre membre du Peuple des Dunes les représentants des élus locaux et des associations étaient "cocus mais pas contents. Déception, agacement, amertume se lisaient sur les visages dès le premier 1/4 d'heure, le discours du préfet ne laissant aucun doute sur la décision finale." d'autant que les interventions des "experts" sont toujours aussi pertinentes "pas plus de de 30 Heures par an de grande houle dans la zone PER Lorient Sud. Ca valait le coup de se taper 3 heures de réunion comité de suivi pour entendre ça"
BC
Les articles de presse sur cette réunion du comité de suivi du PER
Ouest-France
Extraction de sable : le préfet veut informer
Le comité de suivi s’est réuni hier à Erdeven. Le préfet a annoncé la création d’un site internet.
Le comité de suivi du PER (permis exclusif de recherche de sables marins) entre Groix et Quiberon s’est réuni hier à Erdeven. Laurent Cayrel, préfet, qui menait la réunion, a fait le point sur l’avancement du dossier.
Celui-ci ne fait toujours pas l’unanimité même si, pour l’heure, il est question de prorogation du permis de recherche et non pas d’extraction. Bien que les communes du littoral aient émis par vote un avis défavorable pour la prolongation du PER, pour Laurent Cayrel, c’est un paradoxe de ne pas aller plus loin dans la démarche. «Il est nécessaire d’aller jusqu’au bout de l’étude et de la prolonger pour donner une explication plus complète à la population et au pétitionnaire».
De leur côté, la préfecture maritime, la Direction départementale de l’Équipement, les Affaires maritimes, les directions régionales de l’industrie, de la recherche et de l’environnement ont émis un avis favorable, ce qui suscite l’incompréhension de certains élus et des représentants du Peuple des dunes. Ces derniers ont rappelé que plus de 12 000 personnes ont manifesté sur la plage d’Erdeven en mars dernier.
Sur le plan scientifique, François Guillocheau de l’université de Rennes, a indiqué : «il devient urgent de créer un observatoire scientifique d’étude de sédiments du littoral émergé du plateau continental breton».
Notant les inquiétudes et interrogations qui persistent, Laurent Cayrel a annoncé la création d’un site internet au niveau préfectoral. «Cela permettrait de répondre aux questions et de combler le déficit d’information».
Une prochaine réunion avec restitution des études en cours se déroulera durant le premier semestre 2008.
Ouest France du 11/12/07
Extraction de sable : le préfet veut informer
Le comité de suivi s’est réuni hier à Erdeven. Le préfet a annoncé la création d’un site internet.
Le comité de suivi du PER (permis exclusif de recherche de sables marins) entre Groix et Quiberon s’est réuni hier à Erdeven. Laurent Cayrel, préfet, qui menait la réunion, a fait le point sur l’avancement du dossier.
Celui-ci ne fait toujours pas l’unanimité même si, pour l’heure, il est question de prorogation du permis de recherche et non pas d’extraction. Bien que les communes du littoral aient émis par vote un avis défavorable pour la prolongation du PER, pour Laurent Cayrel, c’est un paradoxe de ne pas aller plus loin dans la démarche. «Il est nécessaire d’aller jusqu’au bout de l’étude et de la prolonger pour donner une explication plus complète à la population et au pétitionnaire».
De leur côté, la préfecture maritime, la Direction départementale de l’Équipement, les Affaires maritimes, les directions régionales de l’industrie, de la recherche et de l’environnement ont émis un avis favorable, ce qui suscite l’incompréhension de certains élus et des représentants du Peuple des dunes. Ces derniers ont rappelé que plus de 12 000 personnes ont manifesté sur la plage d’Erdeven en mars dernier.
Sur le plan scientifique, François Guillocheau de l’université de Rennes, a indiqué : «il devient urgent de créer un observatoire scientifique d’étude de sédiments du littoral émergé du plateau continental breton».
Notant les inquiétudes et interrogations qui persistent, Laurent Cayrel a annoncé la création d’un site internet au niveau préfectoral. «Cela permettrait de répondre aux questions et de combler le déficit d’information».
Une prochaine réunion avec restitution des études en cours se déroulera durant le premier semestre 2008.
Ouest France du 11/12/07
Le Télégramme
Extraction de sable. Volonté d’apaisement
Volonté de plus de communication. Et donc d’apaisement. C’est ce qui ressort des propos du préfet qui présidait le comité de suivi du PER Sud-Lorient, prévu au printemps et réuni seulement hier à Erdeven. Il en ressort aussi que, malgré l’opposition unanime des élus, ce permis de recherche a de bonnes chances de se voir prolonger de deux ans par le ministère, comme le demandent les cimentiers Lafarge et Italcimenti.
La réunion du comité s’est ouverte sur un point d’avancement des études menées par les cimentiers dans le cadre du permis de recherche. D’après leurs experts, peu de métaux et explosifs auraient été détectés sur le périmètre de recherche, et si de nombreuses espèces halieutiques ont été relevées, des comparaisons de densité doivent encore être menées pour vérifier si la zone a une fonction de frayère ou de nurserie. Une étude doit aussi être menée sur l’interaction entre plancton et sédiments.
Les experts n’ont pas convaincu
François Guillocheau, universitaire à Rennes, a présenté une étude géologique de la «paléovallée d’Etel» enfouie à la suite de la montée des eaux. Sa conclusion est que les sédiments marins fossiles visés par les cimentiers sont aujourd’hui des «reliques» que les courants ne remuent plus : ils ne sont «pas connectés» avec le sable composant la plage et la dune. Ces experts n’ont pourtant pas convaincu les élus et associatifs : «Nous avons des craintes sérieuses, manifestées par tous ceux qui connaissent cet endroit d’une manière différente des scientifiques», expliquait Geneviève Marchand (Saint-Pierre Quiberon). «Amenez-nous une carotte de vos carottages et on verra si c’est ou non le même sable que sur nos plages», continuait Léon Nabat (Erdeven). «Le secteur dunaire est un site reconnu par l’Europe ; il y a une incohérence entre ce qu’on a fait pour le protéger et ce projet qui peut le détruire», ajoutait Alain Bonnec (Erdeven), qui soulevait aussi l’aspect social du projet.
«Un permis minier pas un referendum»
Pour le préfet, la prolongation du permis de recherche doit justement permettre de répondre à ces questions et de mieux informer la population. «Mais ces réponses seront-elles suffisantes pour faire revenir la population sur son opposition ?», interrogeait Michel Corda (Locoal-Mendon). «C’est un permis minier, pas un referendum», répliquait le préfet en distinguant cette prolongation d’une éventuelle autorisation d’exploiter, qui ne pourrait être accordée par le gouvernement que dans un second temps, après étude d’impact et enquête publique. La contre-expertise souhaitée par Cap L’Orient ne pourrait intervenir que dans ce cadre. Et dans sa volonté de communiquer, le préfet a indiqué qu’un site internet questions-réponses serait ouvert. Il a aussi souhaité, si le permis de recherche est prolongé, une nouvelle réunion de ce comité de suivi, si possible en fin de deuxième trimestre 2008.
Le Télégramme
Extraction de sable. Volonté d’apaisement
Volonté de plus de communication. Et donc d’apaisement. C’est ce qui ressort des propos du préfet qui présidait le comité de suivi du PER Sud-Lorient, prévu au printemps et réuni seulement hier à Erdeven. Il en ressort aussi que, malgré l’opposition unanime des élus, ce permis de recherche a de bonnes chances de se voir prolonger de deux ans par le ministère, comme le demandent les cimentiers Lafarge et Italcimenti.
La réunion du comité s’est ouverte sur un point d’avancement des études menées par les cimentiers dans le cadre du permis de recherche. D’après leurs experts, peu de métaux et explosifs auraient été détectés sur le périmètre de recherche, et si de nombreuses espèces halieutiques ont été relevées, des comparaisons de densité doivent encore être menées pour vérifier si la zone a une fonction de frayère ou de nurserie. Une étude doit aussi être menée sur l’interaction entre plancton et sédiments.
Les experts n’ont pas convaincu
François Guillocheau, universitaire à Rennes, a présenté une étude géologique de la «paléovallée d’Etel» enfouie à la suite de la montée des eaux. Sa conclusion est que les sédiments marins fossiles visés par les cimentiers sont aujourd’hui des «reliques» que les courants ne remuent plus : ils ne sont «pas connectés» avec le sable composant la plage et la dune. Ces experts n’ont pourtant pas convaincu les élus et associatifs : «Nous avons des craintes sérieuses, manifestées par tous ceux qui connaissent cet endroit d’une manière différente des scientifiques», expliquait Geneviève Marchand (Saint-Pierre Quiberon). «Amenez-nous une carotte de vos carottages et on verra si c’est ou non le même sable que sur nos plages», continuait Léon Nabat (Erdeven). «Le secteur dunaire est un site reconnu par l’Europe ; il y a une incohérence entre ce qu’on a fait pour le protéger et ce projet qui peut le détruire», ajoutait Alain Bonnec (Erdeven), qui soulevait aussi l’aspect social du projet.
«Un permis minier pas un referendum»
Pour le préfet, la prolongation du permis de recherche doit justement permettre de répondre à ces questions et de mieux informer la population. «Mais ces réponses seront-elles suffisantes pour faire revenir la population sur son opposition ?», interrogeait Michel Corda (Locoal-Mendon). «C’est un permis minier, pas un referendum», répliquait le préfet en distinguant cette prolongation d’une éventuelle autorisation d’exploiter, qui ne pourrait être accordée par le gouvernement que dans un second temps, après étude d’impact et enquête publique. La contre-expertise souhaitée par Cap L’Orient ne pourrait intervenir que dans ce cadre. Et dans sa volonté de communiquer, le préfet a indiqué qu’un site internet questions-réponses serait ouvert. Il a aussi souhaité, si le permis de recherche est prolongé, une nouvelle réunion de ce comité de suivi, si possible en fin de deuxième trimestre 2008.
Le Télégramme
Mots-clés : PER, Lafarge




